Responsabiliser la mode par le numérique. Enjeux industriels, managériaux, marchands, environnementaux & culturels
Ce volet du projet interroge le rôle du numérique dans les enjeux de responsabilisation de l’industrie de la mode face à des défis d’écologie politique. Il permet dès lors d’étudier le numérique comme espace discursif et participatif qui instaurerait un motif de soft power à deux visées :
- Une visée d’identification.
- Une visée d’anticipation, voire d’éducation critique aux médiations marchandes en contexte numérique et avec une perspective de responsabilisation éthique.
Aussi la perspective de la reconfiguration du numérique pour la transition écologique est-elle ici redéfinie. Il s’agit d’observer les transformations des discours du numérique et de les associer à une écologie politique qui intègre des questions :
- industrielles : délocalisation et sous-traitance, production, sur production ;
- marchandes : consommation, surconsommation, obsolescence effective et symbolique (y compris par les plateformes dites de seconde main) ;
- environnementales : gestion des matières premières ;
- culturelles : appropriation culturelle ;
Ce volet du projet ambitionne à :
- cartographier les acteurs (associations, institutions, collectifs citoyens) qui développent des stratégies discursives via des espaces numériques (principalement Instagram) ;
- identifier les discours verbaux et non verbaux déployés et établir les tendances thématiques et énonciatives à l’œuvre ;
- in fine, instaurer les motifs transversaux qui permettent de penser les reconfigurations discursives du numérique dans une perspective d’écologie politique.
Méthodologie
Ethnographie en ligne identifiant :
- les comptes Instagram concernés ;
- les statuts auctoriaux des comptes en question ;
- les mots-clés récurrents (mots dièse) ;
- les thèmes récurrents ;
- les motifs visuels ;
Analyse sémio-discursive à partir des échantillons qualitatifs, permettant de :
- structurer les modalités énonciatives ;
- identifier les reconfigurations discursives en contexte numérique ;
- déterminer un paradigme discursif associé à une écologie politique spécifique aux industries créatives (en l’occurrence l’industrie de la mode) ;
Bibliographie
Appadurai, Arjun, (1996, 2001), Après le colonialisme. Les conséquences culturelles de la globalisation, Paris, Payot.
Ben Lakhdra, Khémaïs, (2024), L’appropriation culturelle. HGistoire, domination et création : aux origines d’un pillage occidental, Paris, Stock.
Catellani, Andrea, Gkouskou, Pergia, Mouratidou, Eleni (dirs.), (2023), « Mode et communication environnementale », Recherches en communication, n° 55.
Deléage, Jean-Paul, (2018), « L’écologie politique, vingt-cinq ans plus tard », Écologie & Politique, n° 56, p. 17-34.
Devars, Thierry, Taïeb, Emmanuel (2024), « Faire avec la ‘culture numérique’ », Quaderni, n°111, p. 5-8.
Jeanneret, Yves (2024), Critique de la trivialité. Les médiations de la communication, enjeu de pouvoir, Paris, Editions Non Standard.
Mouratidou, Eleni, (2024), « les figurations environnementales de l’industrie de la mode : injonctions et (in)actions », Semen, n°55, p. 77-93.
Souchier, Emmannuël, Candel, Etienne, Gomej-Mejia, Gustavo, Jeann-Perrier, Valérie (2019), Le numérique comme écriture. Théories et méthodes d’analyse, Paris, Armand Colin.
